J’ai quitté Armaçao de Pêra à la mi-février, après les festivités de carnaval …

En Algarve, le carnaval est fêté pendant plusieurs jours, vers la mi-février … Les écoliers bénéficient même d’un ou deux jours de congé, en plus du week-end !

Le carnaval de Loulé est le plus réputé, avec des groupes de samba qui viennent même du Brésil. Ce carnaval attire des milliers de spectateurs, photographes, journalistes et télévisions … J’ai hésité à y aller, de peur de galérer pour me garer, de peur d’être prise dans la foule … ça semblait photogénique, mais en même temps, je n’étais pas sûre d’avoir la motivation suffisante pour jouer des coudes …

Je me suis rabattue sur le petit carnaval d’Armaçao, c’était bien plus simple, et comme j’aime bien cette petite ville, ça me faisait plaisir de la voir sous son visage festif … je n’avais rien pour me déguiser (malgré tout ce qu’on pouvait trouver à cette période dans les magasins …) et au dernier moment, je me suis arrangée pour porter quelques couleurs voyantes, histoire « d’en faire partie » …
En ce we, il ne faisait pas beau … le samedi matin, à l’approche du départ, j’avais fait « à l’arrache » des petites vidéos de la plage des pêcheurs, sous les nuages et dans le vent … cette séance vidéo s’est terminée d’ailleurs à l’abri - car il s’était mis à pleuvoir - dans un bon petit resto de plage, où j’avais un peu mes quartiers, et où j’ai mangé de bonnes sardines grillées …
Le premier défilé avait lieu le lendemain …

carnaval de pera

 

J’y suis allée à pied, avec une certaine excitation … j’ai remonté toute la promenade le long de la mer, jusqu’au point de rendez-vous pour le départ … ce fut long à démarrer, je ne voyais pas beaucoup de gens déguisés … même les enfants costumés étaient rares … J’ai compris ce qui se passait : le carnaval, c’est une parade, les associations, groupes locaux, commerçants ou autres, préparent un char (avec les moyens du bord, et on voit bien ici, que le Portugal a été assez touché par la crise), montent dessus déguisés, et mettent leur musique à fond … comme les chars se suivent à la queue leu leu, ça fait une sacrée cacophonie … de part et d’autre, la foule, non déguisée, regarde sagement le train passer … c’est bizarre … pas vraiment festif en fait … du moins à mes yeux … le cortège était ouvert par une petite école de samba locale, des gamins entre 10 et 16 ans, je suis restée au maximum à leur côté, pour le plaisir de leurs rythmes, et parce que c’était la seule musique qui me semblait authentique … ils ont été très généreux, ces loupiots, car c’était long, et ils ont joué sans discontinuer … je voyais parfois les filles faire une pause pour se détendre les bras, les poignets, je les soutenais de loin en leur envoyant de bonnes vib’ car je voyais que physiquement c’était exigeant pour elles … à la fin, certaines avaient des ampoules aux mains …
J’ai quitté la cortège à la fin, déçue par cette ambiance faussement festive, mais reconnaissante pour les jeunes de la samba …
J’ai décidé de ne pas prolonger mon séjour durant les deux autres journées de carnaval, car c’était "la même chose", tous les jours …

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Sur la vidéo, le char montrant une cellule de prison fait référence à l'affaire José Socrates 

celui montrant une scène d'hôpital, fait référence au système de santé "anesthésié par l'austérite"

Le lundi je me suis collée aux préparatifs de départ, et dans la nuit de lundi à mardi, j’ai un peu douté : le vent soufflait vraiment fort … mais au petit matin, avec le retour du soleil et un vent un peu calmé je me suis dit « Si ce n’est pas maintenant, ça peut être dans trois mois … ça, non !!!». Un de mes voisins m’a dit malicieusement « Oh, maintenant on a l’habitude » … Effectivement, plusieurs fois j’ai annoncé mon départ, pour diverses raisons, et pour diverses raisons aussi je l’ai annulé … alors oui, les voisins avaient l’habitude de mes annonces, de mes préparatifs, et de mes réinstallations (de plus en plus sommaires, car j’en avais marre de ranger-sortir-ranger mes affaires)…

Alors malgré le vent, j’ai attelé et pris la route … direction le nord, vers Moura (Alentejo) par vent de face … ça consomme plus, mais ça ne fait pas tanguer la caravane …

A Moura, il n’y a pas de camping, et rien de très particulier à voir, comparé à Evora par exemple, qui est juste à une cinquantaine de km (et qui a un camping ouvert à l’année) …
Alors qu’allais-je faire à Moura ?